Le château de Gageac

 

Cet édifice a une longue histoire puisqu'elle commence à la fin du XIIème siècle (1). A l'origine, existait uniquement en ce lieu une tour carrée, en pierre, appelée  «donjon». Cette construction, déjà point stratégique, était entourée de fortifications en bois. Dominant la plaine de Gardonne, cette tour, située à l'ouest du château, était à l'époque et sous la domination anglaise, un poste avancé du château de Duras. Le corps du logis, relativement imposant, fut rajouté au XIVème siècle. Cette extension a été complétée vers 1650 par une seconde tour carrée, donnant ainsi son harmonie à l'ensemble de la construction. Des douves sèches entourent les bâtiments à l’est, au sud et à l’ouest, tandis que la partie nord, aujourd'hui asséchée, était à l'époque occupée par des marécages. Une enceinte crénelée, munie d’un chemin de ronde et flanquée d’échauguettes défend l’ensemble de l’édifice. Au fil de la visite et sur la partie sud du château, le visiteur pourra encore observer, sur la route menant de Gageac au lieu-dit «le Martinaud», une ancienne allée de mûriers, plantés vers 1873 pour l’élevage du ver à soie. Sous le règne de Philippe VI, le château de Gageac, à l'origine forteresse, a tout d'abord été la possession d'Arnaud II de Durfort (2). Ce seigneur, issu d'une puissante famille qui possédait le château de Duras, était à l'époque un fidèle allié du roi d'Angleterre. En 1377, tandis qu'un régiment de l'armée française conduit par le duc d'Anjou, du Guesclin et le maréchal de Sancerre vient libérer la Guyenne du joug anglais, une partie des troupes décide d’assaillir le château de Gageac. L’édifice est investi dès le début octobre et le siège va durer cinq jours. Devant les efforts combinés des illustres capitaines défendant la cause française, la place se rend enfin aux alentours du 9 octobre 1377. La seigneurie de Gageac se voit alors rendue par le duc d'Anjou au comte Archambaud V de Périgord (3). Le château de Gageac continuera ensuite de traverser les nombreuses et sombres périodes de la guerre de Cent Ans commencée en 1345. Au terme de ce conflit, l'édifice tombera finalement dans l'abandon pendant de nombreuses années avant que Michel de Chassaignes, seigneur de Génissac, n'en fasse l'acquisition en 1490 (4).

Le château entrera ensuite dans la famille parlementaire d' Essenault de Castelnau, puis dans la famille de Reclus. En 1824, il va devenir la propriété de Michel Doussault de la Primaudière. Depuis maintenant plus de six générations, le château de Gageac est la propriété de la famille de la Verrie de Vivans, originaire de Siorac en Périgord. Depuis le 27 septembre 1948, ce remarquable édifice est inscrit à l’inventaire des monuments historiques.

 

 


1 - MARSAC Marthe - Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord - N° 93/94 - Tome XCIII - Année 1966/1967 - 3ème livraison - p 209.                                     PLUS de PHOTOS ci-dessous►
2 - MARSAC Marthe - Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord - N° 93/94 - Tome XCIII - Année 1966/1967 - 3ème livraison - p 211.
3 - Ibidem p 220.
4 - Archives Départementales de la Dordogne - 2 E 1844 / 25.